Sri Lanka : Nos premières «dates»

7 février 2018
Blogueur invité

Il faut des milliers d'heures pour trouver le bonheur. Ça en prend moins pour traverser l’Atlantique, alors je suis partie.

À l’aéroport de Colombo, j’enfile mes yeux d’enfant. Les gardes de sécurité ont un teint de chocolat, un gars beau comme une Aéro tient une affiche. C’est moi qu’il vient chercher, enfin. Je le regarde les yeux pleins d’eau, mais le sourire qui m’épuise les joues, comme si je savais déjà que je tomberais en amour avec son pays. Sri Lanka, tu m’as tirée hors de mes couvertes de novembre pas rien qu’un peu, avec tes belles manies et tes sourires sincères. T’as plus à offrir que moi, Sri Lanka, c'est certain.

La première journée, tu m’as traînée dans une place raide pour mes yeux chastes et ma peau blanche de Canadienne. Les couloirs étroits du marché de Pettah, la musique tamil à tue-tête dans les porte-voix. Les cris en cinghalais des marchands, qui s’en arrachent la voix à vouloir me vendre des bouddhas. Ou des bracelets. Ou une ride de tuktuk. Ou leur âme.

Partout quand je marche, il y a tes grands-mamans qui me font des sourires, pas gênées d’ignorer l’existence du dentier. Fières des quelques dents qui leur restent, leur sourire est si long et sincère que j’ai le temps de compter ce qui en reste. Dans leurs yeux bridés par le plaisir, on dirait que je lis les fables de la Fontaine à tous les coups: « il doit y en avoir beaucoup de leçons d’apprises dans ces plis-là », que je me dis. Il y a tes grands-papas qui s’affaissent au soleil, l’esprit et l’estomac qui abandonnent à force de ne rien faire. J’partage mon repas avec eux.

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Sri Lanka, tu m’as eue par le cœur quand, en face de ma chambre d’hôtel, j'y ai trouvé un éléphant. L’affaire à deux tonnes mangeait des feuilles avec sa trompe. Il avait sorti sa coutellerie du dimanche. Je n’ai pas eu le choix de tomber sous ton charme, Sri Lanka. Jamais, à la première date, on a invité un éléphant à se joindre à la table. Et quand t’es au bureau, en veston cravate, mais que tu manges avec les doigts de ta main droite. Je ne te l’ai jamais dit mais tu perds la moitié de ta bouchée en cours de route. Je n’ai pas envie de t’apprendre à fourchetter, t’es beau les doigts gras.

J’ai le cœur qui bat si vite qu’il a peine à reprendre son souffle. Dans le train, je ferme les yeux et laisse mes cheveux se faire bercer par le vent. Tes bidonvilles sont déguisés par toutes sortes de couleurs, comme s’ils habillaient leur pauvreté. Les vaches qui se déhanchent au milieu du trafic, les klaxons qui tempêtent. J’ai les belles images qui se bousculent dans ma tête pour avoir une place de choix. Des images qui voudront être au-devant de la scène quand je ferai jouer ma cassette de souvenirs de jeunesse.

Il y a aussi les belles rencontres entre voyageurs. On s’est tous dit tant pis le shortcut vers le beau salaire post-universitaire. On a opté pour un détour, aujourd’hui on hausse les épaules au futur : tu repasseras plus tard. Le temps ne nous vexe plus quand on est assis en bord de mer, à se raconter des histoires same, same but different. On a les secrets qui ont oublié d’être secrets, on se parle avec le beau à l’intérieur de nous. Des histoires qui nous ont fait quitter notre chez nous la tête haute, le temps de vivre avidement nos jeunes années.

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Sri Lanka, on va avoir du plaisir ensemble, je pense qu’on fit déjà. Je suis un cœur sensible pas capable de m’abstenir, une overdose d’énergie qui ne dort pas souvent. Je n’étais pas prête pour le bonheur veston-cravate alors j’me suis glissée dans tes bras pour quelques mois. Comprends-moi, j’ai besoin d’un bonheur qui me surprend, qui me choque parfois. Un bonheur qui me donne le vertige quand il me traîne par la main et qu’il prend les décisions à ma place. Une boussole qui ne pointe plus le nord, une mappemonde qui prend tout son sens.

Québec, on va seulement se regarder dans les yeux à l’été 2017. J’te trompe pendant que tu fréquentes l’hiver. Je suis partie m’éprendre d’histoires à l’eau de rose ou à l’eau salée. Placoter de belles affaires avec une autre culture et jouir d’un bonheur qui ne s’achète pas.



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Stéphanie Bureau

Gagnante du concours 4 destinations, 1 blogueur.


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