VAR

Porto, comme une cuisine d’été

6 novembre 2018
Blogueur invité

La ville de Porto me rappelle les soirs de jour de l’an chez les Busque, tellement l’ambiance y est invitante. Vous cognez à la porte de Porto et c’est comme si c’était tante Jeanne D’Arc qui vous ouvrait et vous disait « enfin, la gran’ visite! », avec une odeur de pâté qui menace de vous mettre en appétit à tout instant. À Porto, c’est pareil. On cuisine les sardines sur le grill en guise de met traditionnel, on gratte la guitare sur des airs de nos grands-parents et, surtout, on vous invite à swigner la caisse dans l’fond d’la boîte à bois.

Lors de ce court périple, je m’assois aux tables de gens qui me sont presque inconnus et lorsqu’on m’invite à swigner, je dis oui. Un brin de nostalgie s’installe. Voici trois arrêts à Porto qui me rappellent des souvenirs de gamine.


Premier arrêt : Museu D’Avo

Musée


Dans ce restaurant, j’y rencontre Constança, une Portugaise d’origine au bonheur qui se lit par le sourire mais d’autant plus par les yeux. L’ambiance du Museo D’Avo est la description même du mot feutré : « qui incite à la détente par sa douceur ». Ses murs sont coquets de par leur tapisserie archaïque, ses chaises de bois rappellent les cuisines d’été des maisons anciennes. Ses horloges à pendule qui traversent la pièce d’un bout à l’autre sont jumelles à celle qui habillait le mur du salon chez grand-papa Busque. Un décor qui inspire le verre de rouge entre les nombreuses chandelles qui valsent dans la pénombre. Le menu est varié, mais typique. Une soupe Caldo Verde, icône de la chaudrée portugaise, faite de patates, de haricots et de chorizo, réconforterait les soirs les plus froids de nos hivers québécois.


Deuxième arrêt : Le parque das Virtudes et la Porta 4

Fanny, québécoise, amie d’une amie qui habite maintenant Porto, me donne comme point de rencontre le quai du Parque das Virtudes. Nous nous nicherons sans gêne entre deux couples d’amoureux. Le soleil s’effondre sur la populaire rivière Douro après une longue journée à avoir fait le tour du monde. Nous nous rendrons ensuite au restaurant de son compagnon de vie, chef et co-propriétaire à La Porta 4.

La Porta 4

Copyright : dreammakerphotography


Endroit que je qualifierais de miniature en terme de grandeur, mais de géant si l’on considère tout l’amour qui habite les plats soigneusement créés la journée même. Avec pour seules assises quatre petites tables carrées, difficile de manquer le spectacle du chef cavé derrière son modeste comptoir. L’endroit me rappelle nos premiers 1 ½ d’étudiants : remplacez la bière blonde par une sélection judicieuse de vins locaux, et les pains au beurre d’arachide par une queue de lotte aux choux-fleurs. C’est officiel ; cet endroit a gagné mon cœur.


Troisième arrêt : L’appartement 219B de la Rua do Instituto

Porto Sao Jao


23 juin 2018 : Telle notre tant chérie fête de la Saint-Jean-Baptiste, les Portugais célèbrent Sao Juao et portent un (voire plusieurs) toast à la vie. Constança, que j’ai rencontré plus tôt, m’invite à célébrer chez des connaissances éloignées. Je m’occupe d’apporter quelques bouteilles et des sardines que nous ferons griller sur le feu. Je dis adieux à mes poissons en les déposant sur les grilles brûlantes – de l’épicerie à l’appartement aura été assez pour m’attacher à ses p’tites bêtes. Dans la cour arrière, des inconnus devenus amis se racontent des bribes d’anecdotes. Le soleil se couche alors que l’ambiance se lève. Lors de cette fête nationale, les générations se réunissent pour ne devenir qu’un seul amas d’humains festifs. La musique folklorique dans l’tapis, les pieds fracassent le sol, les bras s’entrecroisent comme pour imiter nos sets carrés québécois.

Nous dévalons ensuite les rues de Porto, où les sardines grillent de part et d’autre sous l’entrebâillement des logements. La musique typique dont les paroles sont connues de tous ne cesse de jouer en repeat. On dirait une version portugaise de « La p’tite grenouille dit au crapaud ». Constança me traduit les paroles et je me dis que je me rapprochais étrangement de la vérité. Des ornements aux couleurs du Portugal habillent les rues pourtant déjà belles au naturel. La nuit passe sans prévenir. Je jurerais avoir 18 ans, sur les Plaines d’Abraham, un soir de la Saint-Jean.


Au petit matin, c’est l’heure de replier bagage.

Un sourire se porte sur mes lèvres sans trop que je ne l’aie demandé.

C’est qu’il fait si bon, comme dans nos vieilles maisons.



Stéphanie Bureau

Gagnante du concours 4 destinations, 1 blogueur.


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