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Dans le Soleil d'aujourd'hui

Général

Article sur le Costa Rica

L’autre visage du Costa Rica

Sylvie Ruel

Collaboration spéciale

Je ne vous parlerai pas des belles plages du Costa Rica, car je n’en ai vu aucune. Je ne vous ferai pas rêver avec mes excursions de plongée ou de pêche en haute mer… Je ne vous vanterai pas non plus le ciel ensoleillé du Costa Rica, ni ses eaux turquoise, car en huit jours, je n’ai pas vu le moindre rayon de soleil. De la pluie, de la pluie… et encore toujours de la pluie. Nous subissions les restes des ouragans Katrina et Rita qui avaient ravagé La Nouvelle-Orléans et commencions à ressentir les effets de l’ouragan Stan qui faisait des siennes au Salvador et au Guatemala.

Lors de notre passage, fin septembre, début octobre, les hôtels étaient vacants, les sites touristiques quasi déserts et l’avion, pratiquement vide, à l’aller comme au retour. Les prix sont peut-être meilleurs à la saison des pluies (de mai à novembre), le pays est sans doute plus verdoyant et plus fleuri que pendant la saison sèche… mais il faut s’attendre à être dans la flotte.

Pendant la belle saison, pourtant (de décembre à avril), le Costa Rica devient l’une des destinations préférées des Québécois. La raison ? Ce pays a tous les atouts gagnants : la mer, la plage, la montagne, ainsi qu’une faune et une flore exceptionnelles… Et bien sûr un ciel bleu qui s’éternise pendant des mois d’affilée.


Situé au centre des Amériques, entre le Nicaragua, au nord, et le Panama, au sud, ce petit pays de montagnes et de volcans est entouré d’un côté par les eaux du Pacifique et de l’autre, par la mer des Caraïbes. Des kilomètres de plages s’offrent aux touristes avides de baignades et de sports nautiques.

Sur ce territoire d’à peine 51 110 km2, on compte 22 parcs nationaux et réserves. De cette façon, le quart du territoire costaricain est protégé. Comme nul autre pays, le Costa Rica abrite une faune extrêmement riche : 850 espèces d’oiseaux, 15 000 espèces de papillons, 208 espèces de mammifères et 220 espèces de reptiles… Sa flore regroupe pas moins de 10 000 espèces de plantes, plus de 1000 espèces d’arbres, 1400 espèces d’orchidées… C’est un paradis pour le tourisme vert

En route vers Monteverde

La route à flanc de montagne menant à la région de Monteverde, au nord de San Jose, la capitale, se faisait tortueuse et de plus en plus boueuse à mesure que nous avancions : elle s’enfonçait à travers un paysage verdoyant, où défilaient des plantations de café, de bananiers, d’orangers, ainsi que de verts pâturages, où broutaient des troupeaux de vaches laitières. Mais elle donnait l’impression de mener au bout du monde !

Monteverde a été développée au début des années 50 par des Quakers (11 familles) qui ont fui l’Alabama parce qu’ils s’opposaient au service militaire. À cette époque, Monteverde était une région isolée et reliée au reste du pays par un tout petit sentier. Aujourd’hui, on vient dans cette contrée pour découvrir les trésors de la réserve de Monteverde et surtout voir le fameux quetzal, oiseau emblématique du Guatemala.

On vient aussi à Monteverde pour faire une excursion dans la canopée (Sky Trek) qui serait, dit-on, la plus longue et la plus excitante du pays : 11 câbles sur lesquels les Tarzan en herbe se baladent de la cime d’un arbre à un autre, en survolant la forêt tropicale humide. Parce qu’il pleuvait à boire debout, nous avons préféré marcher sur le sky walk et observer les quelques téméraires qui se baladaient au ciel. Ce sky walk est un parcours de deux kilomètres, constitué de sentiers en montagnes et de six ponts étroits suspendus, dont l’un a 300 mètres de long. Nous marchions au-dessus de la forêt et pouvions contempler une forêt dense remplie d’arbres décorés de lianes, de mousses et de fleurs. À plusieurs reprises, nous avons vu le fameux papillon bleu.

Puis, nous avons accompagné Melvin, un guide costaricain, sur les sentiers de la réserve de Monteverde, un territoire protégé de forêt tropicale humide, où croissent 2500 espèces de plantes, dont 420 espèces d’orchidées (on y trouve la plus petite orchidée du monde), et où habitent 400 espèces d’oiseaux, des singes hurleurs ou capucins, une centaine d’espèces de mammifères… Dès notre arrivée sur le sentier, nous avons été accueillis par une bande de singes hurleurs qui s’amusaient à la cime des arbres. Ces bêtes méritent bien leur nom, car elles sont les plus bruyantes de la forêt ! Puis nous avons attendu de pied ferme, mais en vain, le quetzal, un oiseau multicolore qui peut atteindre jusqu’à 60 cm de longueur avec sa queue et qui fait courir les ornithologues du monde entier. Les randonneurs qui empruntent les différents sentiers de la réserve peuvent y passer la nuit en abri ou en refuge.

Nous avons profité de la pluie pour visiter une fabrique de fromage, la Lecheria, dirigée par des Quakers. Le lait recueilli dans les fermes des alentours sert à la fabrication de 17 sortes de fromages, qui sont pour la plupart distribués partout dans le pays.

Nous avons également visité un élevage de grenouilles. Le Costa Rica abrite 180 espèces de grenouilles, dont 8 sont dangereuses et plusieurs, minuscules. De vrais bijoux ! C’est d’ailleurs une toute petite grenouille, la golden frog, qui a fait connaître la réserve de Monteverde et l’a rendue populaire auprès des touristes.

« Mais cette petite grenouille est disparue de façon mystérieuse », nous apprend Melvin. Réchauffement de la planète ? « La région de Monteverde devient de plus en plus chaude, chaque année », affirme Melvin, heureux de voir tomber toute cette pluie.

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