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Visiter le monde en français

Général




 

Visiter le monde en français

Gérard Coderre

La Presse

Collaboration spéciale

On pourrait faire le tour du monde en sautillant d'une francophonie à l'autre, et passer de Paris au Maghreb, faire un détour par l'Afrique de l'Ouest et Madagascar, avant de faire escale au Liban et dans l'océan Indien, poursuivre sa route en direction de l'Indochine et des îles du Pacifique puis rentrer au bercail après avoir fait un crochet par les Antilles et la Louisiane.

Vivre la francophonie, c'est partager une histoire, des idées et une conception particulière du monde. Celui ou celle qui pense, parle et écrit en français partage avec les autres francophones et francophiles de la planète cette notion de «liberté, égalité et fraternité» et a adopté «un mode de pensée et d'action», comme le disait si bien le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, un des pères de cette francophonie.

La francophonie a une histoire, et c'est à travers l'histoire de la France et de ses colonies que les Français ont flirté avec les cultures d'ailleurs, avec d'autres manières de dire et que la langue française s'est donné des accents. La francophonie a peut-être une maison mère, mais elle est avant tout éclatée dans ses expres-sions, et a assurément un goût d'ailleurs. Si c'est vrai que personne n'y parle vraiment le même français, il n'y a rien de plus réjouissant et de plus enrichissant que de rencontrer un groupe de francophones venus des quatre coins du monde qui partagent des mots et des expressions tout en couleurs.

En 1960, des personnalités comme Hamani Diori (Niger), Habib Bourguiba (Tunisie) et Léopold Sédar Senghor (Sénégal) proposent de regrouper les pays nouvellement indépendants désireux de poursuivre avec la France des relations fondées sur des affinités culturelles et linguistiques. C'est à Niamey (Niger), en 1970, qu'on fonde le premier organisme intergouvernemental de la francophonie : l'Agence de coopération culturelle et technique. Un premier Sommet de la franco-phonie a lieu à Paris en 1986.

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Cette francophonie est confrontée, dès ses premiers balbutiements, à la dure réalité. Elle doit vivre avec un effectif à la baisse, en raison notamment de la place qu'occupe la langue anglaise. Le français n'est la langue maternelle que d'un francophone sur deux, et dans bien des pays membres de la francophonie, on lui préfère parfois l'anglais lorsque vient le temps d'apprendre une autre langue. Dans de nombreux pays francophones, la langue française ne s'apprend pas à la maison, mais à l'école? et lorsque le taux de scolarité laisse à désirer, l'apprentis-sage de la langue de Molière en prend pour son rhume. La francophonie, dans beaucoup de pays africains notamment, se joue au tableau noir.

Protéger un héritage tout en demeurant ouvert sur un monde qui s'exprime de plus en plus en anglais, voilà donc tout un défi à relever, d'autant plus que les choix linguistiques sont nécessairement liés aux choix politiques et économiques.

Au Québec, les immigrants s'intègrent de plus en plus à la réalité francophone et lui donnent un nouveau visage. Dans le reste du Canada, notamment en Acadie, un million de francophones s'accrochent à leur culture contre vents et marées. On sent également renaître un certain héritage franco-phone en Louisiane, même s'il serait irréaliste de s'attendre à pouvoir s'exprimer dans sa langue à La Nouvelle-Orléans. En Haïti et dans certaines îles des Antilles, le français coexiste avec le créole. En France, en Suisse, en Belgique et au Luxem-bourg, on est entre cousins. En Roumanie et dans de nombreux pays d'Europe de l'Est et du Proche-Orient, on trouve encore de nombreux francophiles. Au Liban, au Maghreb, en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, on se sent comme chez soi. Dans l'océan Indien, notamment aux Seychelles, à l'île Maurice et à la Réunion, on y parle encore un peu la langue de Molière. Dans le Sud-Est asiatique, on peut encore communiquer en français avec les personnes âgées qui se souviennent d'une autre époque dans une région qu'on appelait alors l'Indochine. Mais au-delà de l'influence de l'anglais, comme langue des affaires et de plus en plus comme langue internationale des communications, parler français demeure une manière de penser et de vivre, une expérience avant tout culturelle.

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Le français parlé dans une soixantaine de pays

André Désiront

La Presse

Le français est loin d'être une des langues les plus parlées dans le monde. Il ne se classe qu'au 10e rang, loin derrière le chinois, l'anglais et le russe, et juste après le malais.

Le français a perdu, après la Première Guerre mondiale, le rôle de lingua franca qu'il jouait depuis le XVIIe siècle grâce au formidable rayonnement politique et culturel que la France a exercé entre 1650 et 1850. Il a été supplanté par l'anglais comme langue de communication internationale, puisqu'un voyageur parvient à se faire comprendre en anglais dans la plupart des hôtels et des aéroports du monde.

Le français est l'une des deux langues de travail des Nations unies et l'une des langues officielles des Jeux olympiques. Ce rayonnement est soutenu par plusieurs institutions internationales, dont l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), et par la chaîne de télévision TV5. Syntonisée par 165 millions de foyers dans 202 pays et territoires, TV5 est aujourd'hui le deuxième réseau de télévision de la planète, derrière MTV et devant CNN.

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L'OIF regroupe quant à elle 53 pays membres et 10 pays associés à titre d'observateurs. La population totale des États membres s'élève à 630 millions de personnes, dont moins du tiers parlent effectivement français. D'ailleurs, mises à part les élites des siècles précédents, les populations de pays comme la Lituanie, l'Égypte ou la Slovaquie n'ont jamais vraiment parlé notre langue. Et dans des contrées comme le Vietnam ou le Laos, la langue de Molière n'est plus qu'un souvenir évanescent de l'époque coloniale. Pourquoi ces pays sont-ils membres de l'OIF ? Parce qu'ils y trouvent des bénéfices politiques, voire financiers. La France est encore un pays qui compte dans le cortège des nations, et le Canada aussi. «Le fait que nous n'ayons pas de passé colonial nous amène à jouer un rôle important au sein de la francophonie, comme arbitre ou comme interlocuteur privilégié», remarque Jacques Saada, ministre responsable de la franco-phonie dans le gouvernement Martin.

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