Forum | Voyages à Rabais® Comparez Constatez Voyagez clavardage

Salvador : derrière la plage, la vi

Général

Hélène Baril

La Presse

Au milieu du village, la route principale est tout à coup bloquée. Des ballons et des chaises de plastique s'y entassent. Une fête se prépare, peut-être une fête des 15 ans, qui marque en grande pompe l'entrée officielle des fillettes dans le monde des adultes

 

C'est samedi et la circulation automobile n'empêche personne de fêter dans les petits villages de l'ouest du Salvador. Les week-ends sont consacrés aux marchés, aux fêtes et aux combats de coqs. Et tout le monde accepte sans rechigner les détours qui s'imposent.

Pour les touristes, ce genre d'imprévus est une aubaine, une fenêtre ouverte sur la vie ordinaire. Pour ceux qui réussissent à s'arracher aux charmes de la plage, le Salvador a beaucoup à offrir.

Des paysages grandioses, d'abord. Sur la route de Sonsonate, qui grimpe jusqu'à Ahuachapan, les points de vue sur les volcans, les vallées et les plantations de café se succèdent à chaque tournant, avec le Pacifique en contrebas. C'est vraiment très beau. Ensuite, des villages authentiques, dont les habitants ne sont pas encore lassés des touristes. C'est de plus en plus rare.

Ce trajet de 36 kilomètres, baptisé la Route des fleurs, est pourtant emprunté par tous les étrangers qui visitent le Salvador. Mais la plupart passent un peu trop vite pour en apprécier les charmes.

Il faut prendre le temps de déambuler dans les marchés de quelques-uns des six villages de la Route des fleurs, pour observer les femmes faire la saucisse comme une guirlande de boules de Noël, séparées les unes des autres par des boucles de pelures de maïs. Pour goûter aux pupusas, des tortillas de maïs petites mais épaisses, fourrées de fèves, de fromage ou de viande, qui sont le mets national au Salvador. Et pour tremper ses lèvres un verre de chicha, une boisson artisanale fabriquée avec des grains de maïs séché, de l'ananas et de la cassonade qui marinent ensemble dans un pot d'argile enterré pendant six mois.

À Nahuisalco, il faut prendre le temps de visiter le Cedart, un atelier d'artisans aux mains habiles. Les meubles surtout, de bois ou de corde de sisal tressée et vernie, nous font regretter d'être venus en avion et de ne pas pouvoir en ramener à la maison.

Il faut prendre le temps d'entrer dans les églises pour se rendre compte du culte dont fait l'objet encore aujourd'hui Oscar Romero, l'archevêque de San Salvador assassiné le 24 mars 1980 en pleine messe par le gouvernement pour avoir ouvertement pris le parti des pauvres.

Une de ces églises, à Juyua, abrite un curieux Christ noir sculpté au XVIe siècle. C'est le seul dans un pays qui compte très peu de Noirs. Il y a des mauvaises langues pour raconter que la statue a été recouverte d'un mauvais vernis qui a noirci avec le temps.

Il faut aussi se laisser raconter la légende de Lucie, qui trône à ses côtés. Dans son désir de se consacrer entièrement à Dieu, Lucie a offert ses deux yeux en échange de la libération de son mari. Le Seigneur l'a exaucée et plus tard, lui a même redonné ses yeux. C'est pas beau, ça? Ceux qui ont des problèmes avec leurs yeux viennent maintenant prier sainte Lucie à Juyua pour obtenir guérison.

Des randonnées, courtes ou longues, permettent de prendre contact avec la nature luxuriante qui entoure les villages. À la,fin de la journée, la Pilsener, l'excellente bière locale, semble s'évaporer tant elle disparaît rapidement, ce qui n'est pas trop surprenant quand le mercure indique 30 degrés à l'ombre.

La plage est toujours là, accueillante, au retour de ces excursions dans l'arrière-pays. Avis aux amateurs de surf: le pays peut se vanter d'avoir des vagues de classe mondiale, qui attirent des planchistes d'un peu partout.

Pour les Salvadoriens, le Pacifique est d'abord un généreux garde-manger. Il apporte crevettes, poissons et fruits de mer qui sont à la base de l'alimentation, notamment dans la capitale, San Salvador. Le ceviche, poisson cru mariné dans du jus de lime, avec oignons et coriandre fraîche, n'a jamais été aussi bon.

Vivre parmi les volcans

C'est la première chose qu'on distingue lorsque l'avion s'apprête à atterrir à San Salvador. La silhouette typique d'un volcan surgit des nuages, comme pour nous souhaiter la bienvenue.

Le Salvador est un pays de volcans. Il y en a 21 au total, alignés dans un axe est-ouest, qui forment des paysages spectaculaires. La plupart sont inactifs, et les trois ou quatre considérés actifs ne se manifestent pas souvent. Mais en 2005, l'Ilamatepec de Santa Ana, le plus grand volcan du pays haut de 2380 mètres, s'est soudainement réveillé. Il a craché et toussé, causant toute une frousse dans les villages environnants, qui ont dû être évacués.

Vivre parmi les volcans comporte des risques, particulièrement dans

Vivre parmi les volcans comporte des risques, particulièrement dans un pays aussi densément peuplé que le Salvador. Mais leurs flancs aux sols fertiles sont aussi excellents pour la culture, notamment celle du café, le premier produit d'exportation du Salvador.

Ce sont les Mayas qui, les premiers, ont exploité la terre volcanique du pays pour y faire pousser du maïs. Plusieurs sites archéologiques valent la visite, même si ils ne sont pas aussi spectaculaires que ceux du Mexique et du Guatemala et qu'ils sont encore largement inexplorés, faute d'argent.

Joya de Ceren, site découvert par hasard en 1976, est un petit village maya déserté lors de l'irruption du volcan Caldera, vers l'an 600 de notre ère. Tout est resté en l'état, conservé sous les couches de lave et de cendre, un peu comme à Pompéi.

La visite de ruines mayas est souvent ardue pour le touriste moyen, surtout sous un soleil de plomb. Mais un bon guide peut la rendre très intéressante (merci, Alvaro). Joya de Ceren est un des rares exemples de la vie quotidienne de l'époque, puisque ses constructions ne sont pas des temples ou des résidences royales, mais des maisons ordinaires. On peut même voir dans le petit musée adjacent un épi de maïs à moitié mangé et parfaitement conservé. Le site a été reconnu patrimoine mondial par l'UNESCO en 1993.

Les volcans du Salvador sont des lieux de randonnées hors du commun, qui permettent de faire connaissance avec une végétation luxuriante et une foule d'espèces d'oiseaux et de papillons. San Salvador, la capitale, a été bâtie au pied d'un volcan aux pics jumeaux, le Quezaltepeque, qui est très facile d'accès. La route se rend presque'au sommet et un sentier mène ensuite jusqu'à l'immense cratère formé en 1917, lors de la dernière irruption du volcan.

De là-haut, la vue donne des frissons. D'un côté, le cratère de 25 mètres de profondeur, de l'autre, une vue plongeante sur la capitale bourdonnante d'activités, où vivent près de 2 millions de personnes.

La capitale vibre de cette énergie propre aux grandes villes d'Amérique latine. La ville, et le pays tout entier, traînent une mauvaise réputation faite de guerre civile, de désastres naturels et de gangs de rue. Les touristes qui font preuve de jugement et qui ne s'exposent pas à des risques inutiles constateront que cette réputation est exagérée, et que le pays n'est pas plus dangereux que plusieurs de ses voisins beaucoup plus fréquentés.

Repères


Le Salvador est un petit pays de 7 millions d'habitants, coincé entre le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua. Plus de 2 millions de personnes habitent la capitale, San Salvador.

> S'y rendre

San Salvador est à quatre heures de vol de Montréal. Air Transat offre un vol direct par semaine, pendant l'hiver, de Montréal à San Salvador.

> Climat

Un climat tropical, c'est-à-dire chaud; très chaud au niveau de la mer et tempéré en altitude.

> Monnaie

Le dollar américain. Le Salvador a abandonné sa monnaie nationale, le Colon, en 2001.

> Hébergement

Il y a des hôtels pour tous les budgets. Le Salvador s'est ouvert récemment au tourisme de masse et compte depuis trois ans un hôtel tout inclus. Le Decameron est situé à une heure et demie de route de la capitale, sur la côte du Pacifique.

____________________________________________________

Source La Presse

Pascal

Pascal

Un beau bravo Pascal, continue de nous enrichir de ton savoir sur les voyages et grandement apprécié. Merci et j'ai toujours hâte de lire tes commentaires.Glisser et DéposerGlisser et Déposer

Ça, c'est de l'INFORMATION! merci encore une fois PASCAL!Glisser et Déposer

Diama

Merci Pascal.. Je vois que tu est revenue au bercail... et moi aussi!!

Hermenie (Kamami)!

Merci Pascal de ton retour.

Je ne participe pas beaucoup, mais lorsque je vois tes posts, c'est toujours les tiens que je lis en premier.

Merci de continuer à nous informer avec tes posts si intéressants.

Ma douce

commenter